Software Cost Optimization – 2 leviers à ne pas négliger

Avec une croissance de 9.5% en 2018 (source Gartner), la dépense en logiciels constituera la plus importante augmentation des dépenses IT avec le cloud.

Pour faire face à l’augmentation des dépenses software qui représentent entre 20 et 50% des budgets IT) et à la contraction des budgets, les fonctions achats et IT disposent de nombreux leviers techniques (optimisation, décommissionnements, Win back réallocation, downgrade…) et de quelques leviers business dont la tierce maintenance et le marché de l’occasion.

La tierce maintenance

La maintenance représente environ 80% des coûts software. Les tiers mainteneurs adressent aujourd’hui les principaux éditeurs du marché tels SAP, Oracle, IBM et Microsoft notamment.

En quoi cela consiste-t-il exactement ?

La maintenance classique permet l’accès au support et aux montées de versions. Les services proposés par le tiers-mainteneur couvrent le support ainsi que des prestations d’accompagnement. Ces sociétés permettent en général de diviser par deux le tarif de la maintenance payé auparavant.

Autres bénéfices, Les tiers mainteneurs supportent des logiciels dont les versions ne sont plus supportées par les éditeurs limitant ainsi le recours au support étendu souvent facturés à des tarifs prohibitifs.

Du fait de leur spécialisation, ces acteurs jouissent d’une très bonne image chez leurs clients qui louent la qualité des services proposés et les SLA (service level agreement). Ils proposent des équipes dédiées par compte et par produit à la différence des éditeurs qui eux, s’appuient sur des équipes multi clients réparties dans des centres de services. Riministreet, un des leaders du marché, répond en moins de 15 minutes aux tickets de niveau 1, et en 30 minutes pour le niveau 2. Origina, spécialisé dans le support de produits IBM, garantit une réponse en 30 minutes alors que les méga vendors répondent au mieux en 2 heures, en mode best effort (hors contrat spécifique)

Cependant la tierce maintenance comporte aussi des risques. Si votre logiciel doit monter à une version supérieure à celle disponible lors de l’arrêt du support officiel, vous devrez quoi qu’il arrive vous tourner vers l’éditeur officiel.

Certaines règles imposées par les éditeurs limitent aussi le recours aux tiers mainteneurs. Un éditeur de bases de données de référence, par exemple, impose que tous les produits d’un même groupe de licences aient un même niveau de support (c’est la règle du matching service level). Par exemple si vous souhaitez faire appel aux tiers mainteneurs pour une partie de vos bases de données, vous ne pourrez pas avoir accès au support officiel pour l’autre partie. Il n’est pas possible non plus, en théorie, de n’arrêter qu’une partie de la maintenance sans que le montant de la maintenance restante soit réévaluée.

 

La revente de logiciel d’occasion

En 2012, à la suite d’un litige entre l’éditeur Oracle et l’entreprise Usedsoft, la cour de justice Européenne a publié un arrêt (aff. C-128/11) autorisant la revente des droits concédés par un éditeur. Un nouveau marché est né : le logiciel d’occasion. Une entreprise peut revendre sur le marché secondaire ses licences. Pour ce faire quelques principes doivent être respectés :

  • La maintenance du logiciel en question ne peut être transférée
  • Le logiciel doit avoir été acquis initialement pour une durée indéterminée (licence perpétuelle)
  • Le logiciel doit avoir été acquis légitimement par son premier acquéreur, avec l’autorisation de l’éditeur, moyennant le paiement d’une somme forfaitaire
  • L’acquéreur doit se soumettre aux termes de la licence
  • Le vendeur doit désinstaller le logiciel en question
  • Le logiciel doit avoir été acquis et doit être revendu dans l’Union européenne
  • Il n’est pas possible de céder une partie d’un pack, d’une suite ou d’une licence multi-utilisateur

Si la vente respecte ces pratiques, l’éditeur ne peut s’y opposer, même si certains ne se privent pas d’ajouter des clauses invalides d’incessibilité aux contrats de leurs clients. Les mises à jour et corrections sont possibles par l’acquéreur jusqu’à l’arrêt du contrat de support initial. Les exécutables peuvent être téléchargées sur le site de l’éditeur par le nouvel acquéreur.

Ce procédé permet au vendeur de récupérer une partie de son investissement et l’acheteur des licences à moindre coûts. Il y a cependant des limites, tout d’abord la non-transférabilité de la maintenance peut engendrer des coûts pour l’acquéreur s’il souhaite bénéficier du support officiel de l’éditeur (frais de remises sous support ou reinstatement fees). Si l’acquéreur souhaite avoir accès seulement au support et non aux montées de version, il peut faire appel au tiers mainteneur.

Pour conclure, ces nouveaux acteurs proposent des services qui s’avèrent très intéressants financièrement (50% de gains sur la maintenance en cas de tierce maintenance, coûts des licences très remisées sur le marché de l’occasion). Cependant avant de faire appel à ce type de prestataire, une étude précise du contexte technique, applicatif et commercial doit être réalisée pour valider la faisabilité technique et contractuelle de ces démarches et prévenir de tout risque avec l’éditeur.

 

Louis Pelan

Mai 2018

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