Les accès indirects : votre priorité SAP 2019

Comme la plupart des clients SAP, vous avez très certainement entendu parler des cas de AB InBev et de Diageo. Les montants évoqués dans la presse pour couvrir leurs usages indirects au Progiciel SAP ont marqué l’opinion. 600 millions de dollars avaient été demandés au géant américain propriétaire de Budweiser et 54,5 millions de livres sterling au brasseur anglais de Guinness.

SAP a pu obtenir gain de cause dans ces deux cas grâce aux mentions des usages indirects faites dans ses contrats. Il n’y a pas une définition précise de ceux-ci, mais ils sont généralement cités dans la définition des Users qui incluent toutes les personnes physiques et tout système technique qui ont accès, de manière directe ou indirecte, au Progiciel SAP.

Ils sont également généralement mentionnés dans la définition du Droit d’Audit qui indique qu’il faut déclarer chaque personne physique, qui accède au Progiciel de manière directe ou indirecte, comme utilisateur nommé.

Pour combler le manque de précisions de ses contrats et répondre aux demandes insistantes de ses clients, SAP a entamé en 2017 un travail visant à définir et surtout monétiser les usages indirects.

 

Dans son Indirect Access White Paper publié en juillet 2017, SAP a décrit le scénario Order-to-Cash et le scénario Procure-to-Pay.

Dans le scénario Procure-to-Pay, on prend en compte les personnes, les appareils, les systèmes automatisés qui utilisent le logiciel SAP pour participer au processus d’achats.

Le scénario Order-to-Cash désigne des personnes, des appareils, des systèmes automatisés qui utilisent le logiciel SAP pour participer au processus de ventes.

Ces usages pouvaient être couverts soit par des licences Users, soit par des licences Orders.

Exclu des usages indirects, le scénario Static-Read couvre les cas où les données sont exportées à partir de systèmes SAP vers des systèmes non-SAP. Ce cas de figure répond à des règles bien précises. La demande d’exportation de données doit être réalisée par un utilisateur ayant une licence SAP. Il faut que l’exportation des données soit automatique et qu’elle ne réponde pas à une requête. Et enfin, il ne faut pas que l’utilisation des données génère de mise à jour de SAP, ni qu’elle n’utilise des fonctionnalités SAP.

 

 

 

En 2018, SAP a, de nouveau, fait évoluer sa définition des usages indirects qu’elle nomme à présent Digital Access. Le Digital Access a pour objectif de répondre aux dernières évolutions des systèmes d’information et à la prolifération des appareils IoT, des systèmes automatisés et des bots. Elle est censée également offrir une meilleure prévisibilité financière des coûts aux clients SAP.

L’éditeur allemand définit 9 types documents pour sa nouvelle métrique Digital Access : les documents de ventes, les factures, les documents d’achats, les documents de service et de maintenance, les documents de production, les documents de gestion de la qualité, les documents de gestion du temps, les documents financiers et les documents de nomenclature d’articles.

 

 

 

SAP offre 3 possibilités à ses clients existants :

  • Rester à isopérimètre, dans le cas où les usages indirects sont parfaitement maîtrisés et licenciés avec des licences Users et Orders,
  • Changer de modèle de Licensing et passer à la métrique aux documents. Cette offre concerne les clients qui ont non seulement des licences Users, mais aussi ceux qui ont acquis des licences Orders. La valeur de ces licences et de leurs maintenances peut être compenser dans le cadre de l’achat de la nouvelle métrique jusqu’à 100%. En outre, les clients qui s’engagent de bonne foi ne se verront pas imposer de back-maintenance,
  • Migrer vers S/4 Hana et passer à la métrique aux documents. Ici également, les clients qui s’engagent de bonne foi ne se verront pas imposer de back-maintenance.

Afin de permettre aux clients d’évaluer le coût de cette nouvelle métrique, SAP a mis à disposition depuis avril 2018 un programme pour l’ECC et S/4 Hana. Si vous souhaitez obtenir des volumes de types de documents précis, nous vous recommandons de bien différencier les utilisateurs techniques d’applications non-SAP.

 

Le 6 mai 2019, SAP a présenté un programme incitatif pour l’année à venir afin de promouvoir son offre, le Digital Access Adoption Program (voir présentation du DDAP par SAP).

Pour les clients qui choisissent d’adhérer volontairement à ce programme, ils offrent des remises particulièrement intéressantes :

  • Option A : pour les clients qui choisissent d’acquérir un pourcentage supérieur de documents à ceux estimés, ils ne payeront en licence que le pourcentage de dépassement (pour 115% des documents estimés, ils ne payeront que 15% de licence).
  • Option B : une remise de 90% de la valeur des documents estimés

Avec cette nouvelle offre, SAP encourage ses clients à régulariser leurs usages indirects au plus vite, afin de pouvoir passer à de nouveaux sujets. Les prochains objectifs de l’éditeur incluent, très certainement, la promotion de leur nouvel outil CRM, C/4 Hana, qui avait été présenté au public en juin 2018. Positionné comme concurrent direct de SFDC, il fait écho au procès Diageo qui concernait l’accès indirect à des données SAP par des applications de l’éditeur californien.

 

 

Ecrit par Caroline Tallec

Consultante Senior SAM – Spécialiste du licensing SAP

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