Gestion d’ILMT – Être éligible au Sub Capacity : un défi à temps plein !

L’IBM License Metric Tool plus connu sous l’abréviation ILMT est un outil de monitoring bien connu des Software Asset Manager en charge de la gestion des produits IBM régis par la métrique PVU (Processor Value Unit). Deux modes de calcul reposent sur le nombre de PVU requis : le Full Capacity, comptabilisant les ressources physiques disponibles, et le Sub Capacity, comptabilisant les ressources virtuelles allouées. Sans rentrer ici dans les détails, l’impact financier entre ces deux possibilités est loin d’être négligeable puisque la comptabilisation des acquisitions en Full Capacity est en moyenne entre 8 et 12 fois plus chère que celle en Sub Capacity !

Le choix du Sub Capacity peut paraître évident mais il requiert des critères d’éligibilité nombreux, exigeants et maintenus à jour. Ces règles figurent dans le contrat Passport Advantage signé par l’entreprise.

Avez-vous déjà mesuré les conséquences d’une requalification en Full Capacity ? Contractuellement, le non-respect d’un des critères à tout instant entraîne le basculement du mode de comptabilisation vers le Full Capacity. En audit, vos acquisitions PVU acquis sous un mode de comptabilisation en Sub Capacity ne feront pas le poids, la facture sera salée ! Pour vous éviter les sueurs froides il est indispensable d’effectuer une gestion rigoureuse des critères d’éligibilité.

Si l’installation d’ILMT est un prérequis au respect de ces critères, elle est loin d’être suffisante, comme en témoignent les clauses du Passport Advantage:

  • Installation de l’agent ILMT dans les 90 jours suivants la première installation d’un produit PVU sur un serveur
  • Génération de rapports à minima trimestriels à archiver pour une durée de 2 ans
  • Installation et configuration de la version la plus récente
  • Installation dans les plus brefs délais de toute mise à jour disponible
  • Installation sur un OS reposant sur une technologie de virtualisation éligible
  • Abonnement aux notifications du Support IBM pour être prévenu des mises à jour (à noter que depuis la version ILMT 9.2.18, IBM a intégré une To Do List sur sa page d’accueil, rendant plus compliquée toute justification d’absence d’information)

 

Tenir la cadence des mises à jour et générations de rapports imposés

 

Sept mises à jour de version de la plateforme ILMT ont été effectuées au cours de l’année 2019 par IBM. Ce chiffre élevé montre que la mise à jour de la plateforme implique un suivi régulier. Elle requiert également un profil au sein de l’entreprise ayant les compétences d’effectuer chaque mise à niveau à la fois sur ILMT mais aussi sur BigFix. Si ces mises à jour ne sont pas au vert, c’est l’une des premières brèches dans laquelle s’engouffrera un auditeur pour vous imposer une comptabilisation en Full Capacity.

En cas d’audit, il est obligatoire d’être en mesure d’extraire à tout moment des rapports, dits « audit snapshot » espacés d’au plus trois mois sur une durée de deux ans à IBM. Cet exercice demande d’avoir la capacité d’archiver ces données et de les extraire périodiquement. Mais surtout chaque rapport doit refléter vos déploiements le plus fidèlement possible, imposant des paramétrages conformes. Ce travail peut s’avérer colossal selon l’ampleur de votre parc informatique. 

 

Refléter fidèlement vos déploiements

 

ILMT remonte tous les composants logiciels grâce aux agents installés sur les serveurs. Ils sont automatiquement mappés à des produits, cependant ce mapping n’est pas sans faille et surtout ne gère pas les bundles de façon certifiée. Un bundle commercial consiste à couvrir l’installation de plusieurs produits différents sous une licence acquise. Cette information se trouve dans chaque texte de licence de produit.

Il est à la charge du client de vérifier que les composants sont bien liés au bon nom de produit et à la bonne métrique achetée. La configuration des bundles est également à exécuter manuellement à chaque découverte de nouveau produit.

Enfin, il est nécessaire de gérer les exclusions manuellement pour les serveurs de back-up ou pour lesquels des produits de hors-production sont installés lorsque les règles de licence le permettent. Cette manipulation doit se faire serveur par serveur.

Bien qu’il soit possible d’automatiser ce travail, il n’en demeure pas moins que cela demande du temps et un suivi périodique pour vérifier que les nouveaux composants détectés soient à leur tour correctement mappés au bon produit. Cette gestion rigoureuse implique des processus autour de la gestion d’ILMT car l’outil garde en mémoire tout ce qu’il identifie. De fait, comment gérer un décommissionnement ? un double run ? une migration ?

La gestion de votre plateforme est-elle sous contrôle ? Avez-vous pensé à vérifier l’évolution des règles qui impactent ILMT ?

 

Surveiller les turbulences de l’actualité

 

IBM fait évoluer ses règles à un rythme soutenu. Récemment plusieurs actualités autour d’ILMT sont venues impacter votre gestion :

  • La plateforme est désormais en version 9.2.19 (30 Mars 2020)
  • Le rachat de Big Fix par HCL, base de données sur laquelle repose ILMT, aura un impact sur le suivi des mises à jour imposées par le contrat Passport Advantage. De plus Big Fix vient d’effectuer une montée de version majeure (10.0).
  • Une modification considérable de la liste des OS éligibles au Sub Capacity selon leur technologie de virtualisation a été publiée. Le client a un délai de 180 jours pour migrer d’OS s’il souhaite continuer à rester éligible, soit jusqu’au Q3 2020. Avez-vous évalué les scénarios les plus adaptés à votre situation ? Demander à IBM un délai raisonnable pour migrer peut s’avérer judicieux.

Ainsi, une gestion rigoureuse d’ILMT est un préalable à la mise sous contrôle des risques financiers associés à la conformité contractuelle des licences IBM. Or, cette gestion réclame un investissement fastidieux et ne saurait tolérer les approximations qui peuvent s’avérer lourdes de conséquences. Suivre les évolutions, dédier des ressources, faire des contrôles sont des mesures parmi d’autres à ne pas sous-estimer et à mettre en œuvre dans un processus structuré et piloté par un tableau de bord minutieux.

 

Ecrit par Camille Genoux

Consultant SAM

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